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title: Où passent 99 % de notre effort ? Le calcul, poste par poste, d’une facture de 100 €
source: https://synapx.fr/blog/pc-repare-baguettes-facture-electronique/
date: 2026-10-13
category: Facturation électronique
site: SynapxLab
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# Où passent 99 % de notre effort ? Le calcul, poste par poste, d’une facture de 100 €

> **Nous avons cherché, sur deux transactions, pourquoi le travail ne paie plus.** La première : je répare le PC de mon boulanger et je lui facture 100 €. La seconde : avec ce qu’il m’en reste, je lui achète son pain. Dans notre simulation, il doit vendre 880 baguettes pour financer la réparation, et il me reste de quoi lui en acheter 5.

| Par la voie normale, celle où tout est facturé et déclaré | |
|---|---:|
| Je lui facture la réparation | **100&nbsp;€** |
| Pour financer cette dépense, il doit vendre, en baguettes | **880** |
| Avec ces 100&nbsp;€ facturés, une fois payés taxes, cotisations, frais et dépenses courantes, il me reste de quoi lui en acheter | **5** |

Voici le calcul, poste par poste, et pourquoi la facture électronique n’y change rien.

Bon ! Du coup, j’ai du pain frais tous les jours. Et là, pas de facture : c’est tout le sujet de ce billet.

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## L’histoire

Je suis réparateur informatique indépendant. Mon boulanger me confie son PC. Je le répare sans remplacer de pièce et lui facture 100 € TTC. Combien de baguettes à 1 € doit-il vendre pour financer cette réparation ? Combien puis-je lui en acheter avec ce qui me reste réellement ? Et que changerait un paiement directement en baguettes ?

La réponse tient en deux nombres. Par la voie normale, mon boulanger doit vendre **880 baguettes** pour absorber cette réparation, et il me reste de quoi lui en acheter **5**.

Le reste de ce billet explique le calcul, en suivant l’argent : ce que la vente du pain laisse au boulanger, puis ce que la réparation laisse à son prestataire. C’est une simulation, avec des hypothèses affichées : un reste de 10 % sur le pain, un budget fictif pour le réparateur. Avec les cotisations calculées par le simulateur officiel de l’Urssaf plutôt que notre hypothèse, j’en achète 13 et non 5 ; l’ordre de grandeur, lui, ne bouge pas.

Nous ne décrivons pas les comptes de tous les artisans. Nous comparons deux budgets fictifs pour comprendre un écart entre chiffre d’affaires, marge et pouvoir d’achat résiduel. Cet écart éclaire aussi une limite de la facturation électronique : enregistrer plus efficacement les opérations déclarées ne suffit pas à expliquer pourquoi certaines restent dissimulées.

## Côté boulanger : combien de baguettes pour 100 € ?

Une baguette vendue 1 € ne laisse pas 1 € disponible. Elle finance la TVA, les ingrédients, les salariés, le four, le local et la rémunération habituelle du dirigeant.

Notre hypothèse centrale est un reste de **0,10 € après tous les coûts ordinaires**. Ce n’est ni une marge brute calculée sur la farine, ni un chiffre sectoriel. Les salaires, les cotisations patronales et la rémunération du boulanger, cotisations comprises, ont déjà été couverts.

| Poste | Montant | Nature |
|---|---:|---|
| TVA à 5,5 % | 0,0521 € | Prélèvement public (1 − 1 / 1,055) |
| Matières premières (farine, levure, sel) | 0,2000 € | Fournisseurs — ventilation simulée |
| Salaires des employés et cotisations patronales | 0,3000 € | Personnel — ventilation simulée |
| Rémunération habituelle du dirigeant, cotisations comprises | 0,1000 € | Ventilation simulée |
| Énergie (four, froid, éclairage) | 0,0800 € | Fournisseurs — ventilation simulée |
| Local | 0,0800 € | Fournisseurs — ventilation simulée |
| Matériel et renouvellement | 0,0500 € | Ventilation simulée |
| Autres coûts (assurance, comptabilité, emballage…) | 0,0379 € | Ventilation simulée |
| **Reste après tous les coûts ordinaires** | **0,1000 €** | Hypothèse centrale, avant dépense exceptionnelle et impôt sur le bénéfice |
| **Total** | **1,0000 €** | |

*Simulation illustrative — frais et prélèvements dépendants du statut et du budget réel.*

Le prix hors taxes est de 0,9479 € et les coûts ordinaires de 0,8479 €. Seule leur somme découle de notre hypothèse ; nous avons simulé leur répartition. Le taux de TVA de 5,5 % applicable au pain est, lui, documenté par le [BOFiP](https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/2033-PGP.html).

| Cas | Coût à financer | Reste par baguette | Calcul | Baguettes à vendre |
|---|---:|---:|---:|---:|
| PC professionnel, TVA récupérée | 83,33 € HT | 0,10 € | 833,33 | **834** |
| 100 € à financer sans récupérer la TVA | 100,00 € | 0,10 € | 1&nbsp;000,00 | **1 000** |
| PC professionnel, reste égal à 10 % du prix hors taxes | 83,33 € HT | 0,0948 € | 879,17 | **880** |

*Simulation illustrative — frais et prélèvements dépendants du statut et du budget réel.*

Pour un PC professionnel, le principe est la déduction de la TVA sur un service utilisé pour l’activité taxée. Avec cette récupération, le coût réel est de 83,33 € HT : il faut **834 baguettes** dans notre modèle. Les 100 € TTC sortent néanmoins de la trésorerie avant que la TVA soit récupérée.

La réparation professionnelle, engagée dans l’intérêt de l’exploitation et justifiée par une facture, est une charge déductible. Nous n’ajoutons donc pas un impôt sur le bénéfice censé financer cette même charge.

Sans récupération de TVA, financer 100 € demande **1 000 baguettes**. Ce cas ne calcule pas, à lui seul, un PC personnel payé après impôts et prélèvements personnels.

Enfin, 10 % du chiffre d’affaires hors taxes ne signifie pas 0,10 € par baguette : le reste devient 0,0948 €, d’où **880 baguettes** pour la réparation professionnelle.

Ces volumes reposent sur des coûts moyens répartis. Le loyer n’augmente pas à chaque baguette supplémentaire : nous ne calculons pas le coût de production de la prochaine fournée.

### Le résumé, avant le détail

Voici où mènent les calculs, dans les deux cas que la suite détaille : la réparation facturée et payée en argent, puis l’échange direct, déclaré lui aussi, de la réparation contre cent baguettes.

| Total | Facturée 100 € et payée en argent | Échange direct déclaré : la réparation contre 100 baguettes |
|---|---:|---:|
| Baguettes à vendre ou à fournir par le boulanger pour absorber la réparation | 834 à 1 000 | 834 à 1 000, dont les 100 remises |
| Baguettes entre les mains du réparateur | 5 à 13, achetées avec ce qui lui reste | 100, reçues en paiement |
| Sorties que le réparateur doit encore couvrir en argent | 0 € | 86,63 € à 94,60 € |
| TVA sur la réparation | 16,67 € | 16,67 € |
| TVA sur le pain | 0,26 € à 0,68 € | 5,21 € |
| Prélèvements identifiés sur les deux opérations | 37,31 € à 44,86 € | 41,84 € à 49,81 € |

*Simulation illustrative — frais et prélèvements dépendants du statut et du budget réel.*

Les fourchettes vont du résultat du simulateur de l’Urssaf au scénario « cinq ». L’échange direct ne change rien à l’effort du boulanger : les cent baguettes remises lui coûtent leur fabrication sans rapporter d’argent, et il lui faut toujours le reste de 834 à 1 000 baguettes pour absorber la réparation. Il change ce que le réparateur tient en main : du pain, mais plus un euro pour payer sa TVA, ses fournisseurs et ses cotisations.

## Côté réparateur : où vont les 100 € ?

Nous retenons un entrepreneur individuel au régime réel, redevable de la TVA, à l’impôt sur le revenu et relevant de la sécurité sociale des indépendants. Son chiffre d’affaires, environ 83 000 € hors taxes, dépasse largement le seuil de franchise de TVA (37 500 € pour les prestations de services en 2026) ; le régime réel permet de déduire ses charges réelles, contrairement au régime micro.

Nous ne mélangeons pas ce profil avec celui d’un président de SASU, assimilé salarié, dont les cotisations se calculent autrement.

Le budget annuel fictif est de **100 000 € TTC**, divisé par **1 000** pour obtenir la quote-part d’une réparation à 100 €. C’est une répartition de coûts moyens, pas ce que cette intervention a coûté en plus. « Sans pièce remplacée » ne signifie pas « sans coûts ».

### Les frais nécessaires pour travailler

| Poste | Quote-part sur 100 € |
|---|---:|
| Local (loyer, charges) | 9,00 € |
| Véhicule (carburant, entretien) | 6,00 € |
| Outillage et renouvellement du matériel | 5,00 € |
| Assurances professionnelles | 3,00 € |
| Logiciels et licences | 3,00 € |
| Comptabilité | 3,00 € |
| Télécommunications | 2,00 € |
| Électricité | 2,00 € |
| Banque et frais divers | 2,00 € |
| **Total** | **35,00 €** |

*Simulation illustrative — frais et prélèvements dépendants du statut et du budget réel.*

Ces frais sont comptés hors TVA récupérable. Les 3 € de taxes professionnelles ajoutés ci-dessous sont une quote-part fictive : nous ne disposons pas d’un montant réel de CFE pour cette entreprise.

### Trois calculs de cotisations, trois résultats

| Poste | À qui | Scénario « cinq » : cotisations = 50 % du solde | Variante : cotisations = 50 % du revenu après cotisations | Simulateur Urssaf (13/10/2026) |
|---|---|---:|---:|---:|
| TVA à 20 % | État | 16,67 € | 16,67 € | 16,67 € |
| Taxes professionnelles (CFE et assimilées, quote-part fictive) | Collectivités | 3,00 € | 3,00 € | 3,00 € |
| Cotisations et contributions sociales | Organismes sociaux | 22,67 € | 15,11 € | 14,12 € |
| Impôt sur le revenu | État | 2,27 € | 3,02 € | 2,84 € |
| **Prélèvements publics et sociaux** | | **44,60 €** | **37,80 €** | **36,63 €** |
| **Fournisseurs professionnels** | Entreprises | **35,00 €** | **35,00 €** | **35,00 €** |
| Dépenses personnelles | Vie courante | 15,00 € | 15,00 € | 15,00 € |
| Disponible pour le pain | Boulanger | 5,40 € | 12,20 € | 13,37 € |
| **Total** | | **100,00 €** | **100,00 €** | **100,00 €** |
| Baguettes entières à 1 € | | **5** | **12** | **13** |

*Simulation illustrative — frais et prélèvements dépendants du statut et du budget réel.*

Les montants sont arrondis au centime ; les sous-totaux et les totaux sont calculés sur les valeurs exactes, d’où un centime d’écart possible à l’addition des lignes.

Dire « 50 % de cotisations » ne veut rien dire sans préciser **sur quelle somme**.

Après TVA, frais professionnels et taxes professionnelles, le solde avant cotisations est de 45,33 €. En prendre la moitié donne 22,67 € de cotisations. Après un impôt supposé égal à 10 % du revenu restant, puis 15 € de dépenses personnelles, il reste 5,40 € : cinq baguettes entières.

Si les cotisations représentent plutôt 50 % du revenu **après cotisations**, elles s’élèvent à 15,11 €. Avec les mêmes frais et la même hypothèse d’impôt, le disponible atteint 12,20 € : douze baguettes.

Le [simulateur officiel de l’Urssaf](https://mon-entreprise.urssaf.fr/simulateurs), interrogé le 13 octobre 2026, donne treize baguettes. Le profil saisi est une entreprise individuelle artisanale au réel, avec 83 333 € de chiffre d’affaires HT, 38 000 € de charges et une personne seule sans autre revenu. Il produit 14 122 € de cotisations et contributions annuelles, puis 2 836 € d’impôt.

Le scénario « cinq » **surestime donc les cotisations de ce profil**. Nous le conservons comme illustration conditionnelle, sans avoir ajusté les frais pour obtenir ce résultat.

Une réserve concerne le simulateur : il ne semble pas encore intégrer la [réforme de l’assiette sociale des indépendants](https://www.urssaf.fr/accueil/independant/comprendre-payer-cotisations/reforme-cotisations-independants.html), avec une assiette unique égale au revenu abattu de 26 % et de nouveaux taux depuis 2026. Notre recalcul manuel donne environ 14,2 € de cotisations pour 100 € facturés, soit le même ordre de grandeur. C’est un calcul de la rédaction, pas de l’Urssaf.

L’impôt à 10 % des deux premières colonnes est une hypothèse budgétaire. Le [barème réel](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1419) est progressif : 0 %, 11 %, 30 %, 41 % et 45 %. La dernière colonne utilise le résultat du simulateur.

### Ce qu’il faut aussi payer pour vivre

| Poste | Quote-part sur 100 € |
|---|---:|
| Logement | 7,00 € |
| Alimentation, hors pain | 3,50 € |
| Transport personnel | 1,50 € |
| Énergie, eau, téléphone | 1,50 € |
| Assurances et santé | 1,00 € |
| Divers | 0,50 € |
| **Total** | **15,00 €** |

*Simulation illustrative — frais et prélèvements dépendants du statut et du budget réel.*

Ces 15 € ne sont pas des taxes : ils financent le logement, les courses et d’autres dépenses ordinaires. Le disponible pour le pain est donc un reste **après une partie de la consommation personnelle**, pas la rémunération totale du réparateur.

## 880 d’un côté, 5 de l’autre : ce que le contraste dit

| | Hypothèse | Baguettes |
|---|---|---:|
| Vendues par le boulanger | PC professionnel, TVA récupérée, reste égal à 10 % du prix hors taxes | 880 |
| Vendues par le boulanger | PC professionnel, TVA récupérée, 0,10 € de reste par baguette | 834 |
| Vendues par le boulanger | 100 € à financer sans récupération de TVA | 1 000 |
| Achetables par le réparateur | Cotisations à 50 % du solde, impôt à 10 %, 15 € de dépenses personnelles | 5 |
| Achetables par le réparateur | Cotisations à 50 % du revenu après cotisations | 12 |
| Achetables par le réparateur | Cotisations et impôt du simulateur Urssaf | 13 |

*Simulation illustrative — frais et prélèvements dépendants du statut et du budget réel.*

Le contraste est frappant parce qu’il rapproche **deux restes calculés à des étapes différentes**. Le boulanger finance une dépense avec une marge de 0,10 € par baguette. Le réparateur achète son pain après les coûts professionnels, les prélèvements et les dépenses courantes retenues.

L’empilement de ces deux marges fines explique l’écart. Diviser les baguettes achetables par les baguettes vendues ne mesure aucune part captée par l’État. Les fournisseurs, les salariés, le logement et l’alimentation ne disparaissent pas dans un prélèvement unique.

Regardons plutôt les montants identifiables, en conservant explicitement le scénario « cinq ».

| Prélèvement | Montant | Statut du chiffre |
|---|---:|---|
| TVA sur la réparation | 16,67 € | Calculé (taux légal) |
| Taxes professionnelles | 3,00 € | Hypothèse de budget |
| Cotisations sociales | 22,67 € | Hypothèse (le simulateur donne 14,12 €) |
| Impôt sur le revenu | 2,27 € | Hypothèse (le simulateur donne 2,84 €) |
| TVA sur les 5 baguettes achetées | 0,26 € | Calculé (taux légal) |
| **Total partiel identifié** | **44,86 €** | |
| Cotisations, impôts et taxes du boulanger sur ces ventes | inconnu | Non ventilé |
| Taxes incluses dans les 35 € de frais professionnels (carburant, énergie…) | inconnu | Non ventilé |
| Taxes incluses dans les 15 € de dépenses personnelles (TVA des courses…) | inconnu | Non ventilé |

*Simulation illustrative — frais et prélèvements dépendants du statut et du budget réel.*

Les 44,86 € représentent arithmétiquement 44,86 % des 100 € facturés, ou 42,72 % des **105 € de transactions additionnées** : 100 € de réparation et 5 € de pain. Ces 105 € ne sont pas 105 € de richesse créée : le même argent circule.

Ce total partiel n’est pas un taux de prélèvement. Il associe taux légaux et hypothèses, tout en laissant trois postes inconnus. Avec les résultats du simulateur et treize baguettes, le total identifié devient 36,63 € + 0,68 € de TVA sur le pain, soit 37,31 €.

Les destinataires diffèrent aussi : TVA et impôt sur le revenu vont à l’État, CFE aux collectivités, cotisations et contributions sociales, dont la CSG-CRDS, aux organismes sociaux.

## Et si le boulanger payait en baguettes ?

Le paiement en nature change ce qui passe de main en main. Il ne supprime pas les obligations liées à une prestation professionnelle.

L’administration traite l’échange comme des ventes croisées : chacun vend ce qu’il remet et reçoit une contrepartie. Pour la TVA, le [BOFiP retient la valeur reçue](https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/700-PGP.html). Entre professionnels, une facture est obligatoire ; **en toute logique**, nous en déduisons deux factures pour cet échange.

| | Payé 100 € en argent | Payé par 100 baguettes (valeur 100 €) | Réparation cédée contre 5 baguettes (valeur 5 €) |
|---|---|---|---|
| Prix convenu | 100 € TTC | 100 € TTC | 5 € TTC |
| Facture du réparateur | Oui | Oui, pour 100 € | Oui, pour 5 € |
| Facture du boulanger | Non (achat de pain d’un particulier) | Oui : vente de 100 baguettes | Oui : vente de 5 baguettes |
| TVA due par le réparateur | 16,67 € | 16,67 €, à verser en argent | 0,83 € |
| TVA due par le boulanger sur le pain remis | 0,26 € sur les 5 baguettes achetées ensuite | 5,21 € | 0,26 € |
| Frais professionnels à payer en argent (35 € dont électricité, local, assurance…) | Financés par la facture | Restent dus, sans argent reçu | Restent dus, sans argent reçu |
| Cotisations et impôt | Calculés sur le revenu | Calculés de la même façon : le revenu est le même | Calculés sur le résultat de l’année, que cette intervention fait baisser |
| Ce que le réparateur a en main | 5 baguettes (scénario « cinq »), coûts payés | 100 baguettes, 94,60 € de sorties à couvrir ailleurs | 5 baguettes, coûts fixes à couvrir ailleurs |

*Simulation illustrative — frais et prélèvements dépendants du statut et du budget réel.*

**Payé en argent**, le réparateur finance les sorties prévues, puis achète du pain comme particulier. Les cinq baguettes sont ce qu’il peut encore acheter dans le scénario « cinq ».

**Payé par cent baguettes**, il reçoit une valeur de vente de 100 €, mais aucune trésorerie. Il doit toujours trouver l’argent de la TVA, des fournisseurs, des cotisations et des autres dépenses. Les 94,60 € correspondent à tout ce que la facture finançait avant l’achat du pain dans ce scénario. On ne règle pas une facture d’électricité en pain.

Pour le boulanger, ces cent baguettes valent 100 € au prix de vente, mais coûtent moins à fabriquer. Valeur commerciale et coût de fabrication sont deux notions distinctes ; notre marge moyenne ne donne pas le coût précis d’une fournée supplémentaire.

**Payé par cinq baguettes**, le réparateur accepte un autre prix : 5 € TTC. La TVA diminue avec la valeur reçue, mais le loyer, l’assurance et l’outillage ne baissent pas : cette intervention ne couvre plus sa part des coûts, et le reste de l’année doit la porter. Encore faut-il que 5 € soit le prix réellement convenu : facturer 5 € une prestation payée davantage par ailleurs, ce n’est plus du troc, c’est une recette non déclarée.

La quantité de pain est identique au scénario « cinq », mais la situation économique diffère : les dépenses ont été financées dans un cas et restent à couvrir ailleurs dans l’autre.

## Ce que la facture électronique voit, et ce qu’elle ne voit pas

La réforme porte sur la circulation des factures et des données. Elle ne modifie pas, par elle-même, la marge sur une baguette ou le budget disponible du réparateur.

Selon la [DGFiP](https://www.impots.gouv.fr/professionnel/je-decouvre-la-facturation-electronique), elle poursuit quatre objectifs : des gains de compétitivité grâce à la dématérialisation, la simplification future des déclarations de TVA par leur préremplissage, une meilleure lutte contre la fraude à la TVA et une connaissance plus rapide de l’activité économique.

### Pour nos deux TPE, l’émission obligatoire vient en 2027

Au 13 octobre 2026, le [calendrier officiel](https://www.impots.gouv.fr/professionnel/questions/partir-de-quand-suis-je-concerne-par-la-reforme-de-la-facturation) distingue réception et émission. Aucun report n’a été annoncé.

| Obligation | Réparateur (TPE, prestataire de services) | Boulanger (TPE, vend à des particuliers) |
|---|---|---|
| Recevoir des factures électroniques | Depuis le 1er septembre 2026 | Depuis le 1er septembre 2026 |
| Émettre des factures électroniques vers d’autres entreprises | À partir du 1er septembre 2027 | À partir du 1er septembre 2027 |
| Transmettre les données de ses ventes aux particuliers (e-reporting) | À partir du 1er septembre 2027, s’il en a | À partir du 1er septembre 2027 : totaux par jour, sans donnée sur les clients |
| Transmettre les données de paiement | À partir du 1er septembre 2027 (TVA des prestations de services exigible à l’encaissement, sauf option pour les débits) | Selon ses opérations |

Notre [guide du 1er septembre 2026](/blog/facture-electronique-1er-septembre-2026/) détaille le calendrier et le fonctionnement. La facture électronique vise les échanges entre entreprises établies en France et assujetties à la TVA, y compris en franchise en base. Les ventes aux particuliers relèvent de la transmission de données appelée « e-reporting ».

Le boulanger transmettra des totaux journaliers par taux de TVA, sans données sur ses clients. Il n’aura pas à identifier son réparateur parmi les acheteurs de pain. Pour la prestation du réparateur, la donnée d’encaissement sera transmise sous sa responsabilité, via le statut « Encaissée », lorsque la TVA est exigible à l’encaissement.

### Des rapprochements plus faciles, sans visibilité automatique sur tout

Dans son [rapport de décembre 2025](https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2025-12/20251216-Lutte-contre-la-fraude-fiscale.pdf), la Cour des comptes explique que les données devraient faciliter la détection d’incohérences entre les déclarations des acteurs d’une transaction.

Notre raisonnement est le suivant : une opération ni facturée ni déclarée n’entre pas d’elle-même dans ce circuit. Cela ne vaut pas impunité. L’administration et l’Urssaf disposent d’autres moyens de contrôle ; les données des clients et fournisseurs peuvent aussi révéler des incohérences, par exemple des achats sans ventes correspondantes.

| Situation | Ce qu’il faut en retenir |
|---|---|
| Réparation facturée et réglée en argent | Opération déclarée. Facture aujourd’hui sur papier ou en PDF pour une TPE ; facture électronique obligatoire à l’émission à partir du 1er septembre 2027, avec transmission de la donnée d’encaissement lorsque la TVA est exigible à l’encaissement. |
| Réparation réglée en pain et déclarée | Paiement en nature. Deux ventes croisées, deux factures, TVA de part et d’autre. Ni interdit, ni frauduleux en soi. |
| Prestation rémunérée mais dissimulée | Le mode de paiement ne supprime aucune obligation. La dissimulation d’activité est une infraction définie par le code du travail ; l’absence de facture électronique n’en est qu’un aspect et ne suffit pas à la caractériser. |
| Entraide réellement gratuite | Situation distincte d’une prestation professionnelle rémunérée. Tous les services entre voisins ne sont pas du travail au noir. |

Le [code du travail](https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000037389034) répute travail dissimulé l’exercice d’une activité à but lucratif par une personne qui se soustrait intentionnellement à ses obligations, notamment en ne déclarant pas une partie de son chiffre d’affaires. La peine prévue va jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende.

Nous n’avons trouvé aucune source officielle traitant expressément du troc dans cette réforme. Notre lecture est qu’une prestation entre deux assujettis, payée en nature, reste à facturer et relève donc du dispositif le moment venu.

### Des chiffres disponibles, mais pas une mesure du résultat futur

La [DGFiP, en septembre 2024](https://www.impots.gouv.fr/sites/default/files/media/9_statistiques/0_etudes_et_stats/0_publications/dgfip_analyses/2024/num07_09/dgfip_analyses_07_2024.pdf), situe entre 6 et 10 milliards d’euros le manque à gagner de TVA lié à la sous-déclaration des entreprises qui déclarent cette taxe, soit 4 à 5 % de la TVA collectée. Ce minorant exclut les entreprises ne déclarant pas de TVA.

Sur un autre périmètre, la [Cour des comptes écrit en avril 2026](https://program-evaluation.ccomptes.fr/sites/default/files/2026-04/20260416-Lutte-fraude-prelevements-sociaux-et-travail-dissimule.pdf) que l’ACOSS estime entre 4,9 et 6,3 milliards d’euros la fraude aux prélèvements sociaux liée au travail dissimulé pour 2023. Ces montants ne mesurent pas le gain de la réforme : nous n’avons trouvé aucun chiffrage officiel de ce gain attendu.

Le [communiqué ministériel du 9 octobre](https://presse.economie.gouv.fr/facturation-electronique-le-premier-comite-dresse-le-bilan-du-deploiement-et-engage-la-preparation-de-2027/) indique qu’au 4 octobre, 75 % des entreprises déclarant de la TVA avaient désigné une plateforme et plus de 20 millions de factures avaient été échangées. Notre [bilan à un mois](/blog/facture-electronique-bilan-un-mois/) revient sur ce déploiement. L’adoption de l’outil et son effet sur la fraude restent deux mesures différentes.

### Déclarer dépend aussi des conditions de travail

L’écart de pouvoir d’achat illustré ici constitue une motivation économique **possible** de dissimulation. Notre simulation ne mesure aucun comportement et ne démontre pas que les charges causent la fraude.

D’autres facteurs comptent. Celui qui ne déclare pas peut proposer des prix inférieurs et fragiliser un concurrent qui respecte ses obligations. Le risque de contrôle entre dans les arbitrages. La simplicité administrative peut rendre la déclaration moins coûteuse en temps.

Enfin, les cotisations financent une protection sociale et ouvrent des droits, notamment pour la retraite et la maladie. Ne pas déclarer son activité, c’est aussi ne pas cotiser pour soi. La discussion ne peut donc se limiter au montant immédiatement disponible après une facture.

## Mieux suivre l’échange, sans oublier ceux qui travaillent

Le boulanger doit financer son four, son personnel et son local. Le réparateur doit financer son activité et vivre de son travail. Le contraste des baguettes rend visibles leurs contraintes, sans mesurer la part captée par l’État. Un échange direct ne fait pas disparaître ces dépenses.

La facturation électronique peut améliorer les rapprochements et les contrôles. Notre simulation ne prouve aucune solution politique, mais elle laisse une question : comment équilibrer contrôle, simplicité administrative et rémunération du travail pour que déclarer son activité s’inscrive dans une économie viable ?

## Et en temps ? La même simulation, comptée en heures

Ces chiffres paraissent fous. Pour vérifier qu’ils ne tiennent pas à l’unité choisie, refaisons le compte en temps de travail plutôt qu’en baguettes. Il faut deux hypothèses de plus, aussi fictives que les budgets : le réparateur travaille 1 600 heures par an pour ses 1 000 réparations, soit 1 h 36 par réparation, déplacements et gestion compris ; le boulanger vend entre 1 000 et 2 000 baguettes par jour.

| Sur les 96 minutes d’une réparation à 100&nbsp;€, le réparateur travaille… | Part | Temps |
|---|---:|---:|
| pour les prélèvements publics et sociaux | 44,6&nbsp;% | 43&nbsp;min |
| pour ses fournisseurs professionnels | 35&nbsp;% | 34&nbsp;min |
| pour ses dépenses personnelles courantes | 15&nbsp;% | 14&nbsp;min |
| pour le pain qu’il peut encore acheter | 5,4&nbsp;% | 5&nbsp;min |

*Simulation illustrative, scénario « cinq » — frais et prélèvements dépendants du statut et du budget réel.*

Côté boulanger, 880 baguettes représentent entre une petite demi-journée et presque une journée entière de vente de baguettes. Les 5 que le réparateur lui achète ensuite pèsent entre un quatre-centième et un deux-centième de cette journée.

Les proportions sont les mêmes, et c’est normal : le temps se répartit ici comme l’argent. Changer d’unité ne réduit pas l’écart. Cela le rend seulement plus concret : cinq minutes sur une heure et demie d’un côté, cinq baguettes sur près d’une journée de fournées de l’autre.

## FAQ

### Le troc entre professionnels est-il légal ?

Oui, il n’est ni interdit ni automatiquement frauduleux. L’administration traite l’échange comme deux ventes ; nous en déduisons, en toute logique, deux factures entre professionnels et les obligations fiscales et sociales correspondantes.

### Faut-il déclarer le troc ?

Oui. L’administration traite l’échange comme deux ventes : chacun facture et déclare la sienne à sa valeur, comme si elle avait été payée en argent. Une réparation payée en pain reste une recette pour le réparateur, et le pain remis une vente pour le boulanger. Ne pas la déclarer, ce n’est plus du troc : c’est une recette dissimulée, et le code du travail répute travail dissimulé le fait de ne pas déclarer intentionnellement une partie de son chiffre d’affaires.

### Un paiement en nature évite-t-il la TVA ?

Non. La TVA se calcule sur la valeur reçue en contrepartie : une réparation payée par cent baguettes valant 100 € conserve ici une TVA de 16,67 €. Recevoir du pain ne fournit pas l’argent nécessaire pour la verser.

### Le réparateur doit-il déjà émettre une facture électronique ?

Au 13 octobre 2026, notre réparateur, une TPE, doit pouvoir recevoir des factures électroniques, mais son obligation d’émission commence le 1er septembre 2027. Il peut encore envoyer un PDF ; un client ne doit pas refuser de payer au seul motif que la facture n’est pas électronique.

### Le boulanger doit-il transmettre ses ventes de baguettes au fisc ?

Dans le cadre de la réforme, notre boulanger TPE devra transmettre les données de ses ventes aux particuliers à partir du 1er septembre 2027. Il s’agira de données cumulées par jour, ventilées par taux de TVA, sans information sur les clients. Cela ne remplace pas ses obligations déclaratives actuelles.

### La simulation prouve-t-elle que l’État prend l’essentiel ?

Pas l’essentiel, mais le premier poste. Dans le scénario « cinq », les prélèvements obligatoires — TVA, taxes professionnelles, cotisations sociales, impôt sur le revenu — prennent 44,60 € sur 100 €, devant les fournisseurs (35 €) et les dépenses personnelles (15 €). Les cotisations sociales en font partie : elles sont obligatoires. Ce ne sont pourtant pas des recettes de l’État : elles vont aux organismes sociaux et financent la retraite, la maladie, la famille. Mais celui qui les paie ne voit nulle part, sur sa facture de 100 €, ce que ces 22,67 € deviennent ni ce qu’ils lui rapporteront un jour. S’y ajoute un coût que le tableau range chez les fournisseurs : une partie des frais de comptabilité (3 € ici) sert à calculer la TVA et les cotisations dues. Ce n’est pas un prélèvement, mais il existe à cause d’eux ; nous ne savons pas en isoler la part. Le nombre de baguettes restant, lui, dépend des hypothèses retenues et ne constitue pas un taux de prélèvement.
